No,1 Apr 2004, 20:46 a écrit :Non ! d'abord deux choses : j'appelerais le "féminisme en machisme inversé" le féminisme, tout simplement, ça sera plus court ; et la volonté d'égalité, "l'égalitarisme", terme qui me parait plus adapté à la demande.
Tout d'abord Merci à No d'avoir distingué les deux mouvements, égalitarisme et féminisme.
Pour les Mémoires, je les ai terminées...
J'ai vraiment énormément aimé...
En fait, j'ai beaucoup apprécié ce cheminement qui cherche à se construire soi-même... (et non ce que les autres attendent que nous devenions.)
L'habitude, la tradition, l'éducation, la religion, etc., Tout est passé au crible fin. Tout est analysé, contredit, évalué, discuté... J'aime cette position critique...
Elle aboutit à un certain malaise, une incertitude... une perpétuelle interrogation...
L'homme cherche toujours à "se trouver"... C'est tout à fait cette quête d'elle-même que nous fait partager Simone de Beauvoir.
Le début du livre n'est pâ forcément passionnant même si on remarque quelques phrases intéressantes... néanmoins la suite nous transporte au plus profond de nous... en fait ce livre nous pousse à réfléchir sur tout ce qui nous a été imposé mais aussi sur toutes nos habitudes que nous avons prises sans pour autant y avoir trop pensé... sans en avoir saisi la totale portée. Ce livre nous fait réfléchir sur ces choses qui font notre quotidien... mais dans son cas il n'y a pâ que celà... Je trouve qu'il se dégage de cette personne un certain égoïsme... en ce sens où elle se trouve supérieure à tous les autres... son enfance a joué... elle était, en classe, avec des jeunes filles de bonnes familles qui avaient largement plus les moyens qu'elle... Elle ne pouvait pâ les surpasser sur le plan financier, sur l'apparence... elle a misé sur "l'intérieur"... elle n'aura pâ les même aspirations... comme le montre bien ce passage :
"Étendue dans un pré, je contemplais juste à la hauteur de mon regard, le déferlement des brins d'herbe, tous identiques, chacun noyé dans la jungle minuscule qui lui cachait tous les autres. Cette répétition indéfinie de l'ignorance, de l'indiférence équivalait à la mort. Je levais les yeux vers le chêne : il dominait le paysage et n'avait pas de semblable. Je serrai pareille à lui."
Elle renie toute uniformité, tout ce qui fait que sa vie ressemble à celle des autres... Elle se met à haïr la bourgeoisie qui rend les hommes incapables de penser différament et surtout d'Agir. Elle veut une harmonie entre ce qu'elle pense et ce qu'elle fait. Elle dénonce l'hypocrisie.
Elle serra différente. Elle l'a décidé.
Elle ferra différentes rencontres qui la ferront avancer ou reculer dans sa recherche...
Elle serra néanmoins toujours hésitante quant à la manière de "conduire" sa vie... Elle ne sait pâ trop où elle va... comme chacun d'entre nous à l'adolescence, elle se cherche... Elle essaye différentes "ligne" de conduite... ou plutôt trace des courbes ^^
Elle prend une décision... hésite... reviens... se perd... s'oublie... se reprend en main... Bref.
" "Oh ! Réveils mornes, vie sans désirs et sans amour, tout épuisé et déjà si vite, l'affreux ennui. ça ne peut pâ durer ! Qu'est-ce que je veux ? Qu'est-ce que je peux ? Rien et rien. mon livre ? Vanité. La philo ? J'en suis saturée. L'amour ? Trop fatiguée. Pourtant j'ai vingt ans, je veux vivre !"
ça ne pouvait pas durer : ça ne durait pas. je revenais à mon livre, à la philosophie, à l'amour. Et puis ça recommençait : " Toujours ce conflit qui semble sans issue ! une ardente conscience de mes forces, de ma supériorité sur eux tous, de ce que je pourrais faire ; et le sentiment de la totale inutilité de ces choses ! Non ça ne peut pas durer ainsi."
Et ça durait. Et peut-être après tout que celà durerait toujours. Comme un pendule en folie, j'oscillais frénétiquement de l'apathie à des joies égarées. J'escaladais la nuit les escaliers du Sacré-Coeur, je ragardais scintiller dans les déserts de l'espace Paris, vaine oasis. Je pleurais parce que c'était beau et parce que c'était inutile. Je redescendais les petites rues de la Butte en riant à toutes les lumières. j'échouais dans la sécheresse, je rebondissais dans la paix. Je m'épuisais."
(Un des avantages de cet ouvrage est que, même s'il décrit des faits qui se sont passés longtemps avant leur écriture, on perçoit vraiment ce qu'elle a vécu à ces moments précis grâce à des extraits tirés de ses journaux personnels.)
Bon... Je ne vois pâ trop ce que je peux dire d'autre... je lirai la suite après mes partiels et j'ai commencé "les mots" de Sartre pour essayer de comparer les deux expériences...
[quote="No,1 Apr 2004, 20:46"]Non ! d'abord deux choses : j'appelerais le "féminisme en machisme inversé" le féminisme, tout simplement, ça sera plus court ; et la volonté d'égalité, "l'égalitarisme", terme qui me parait plus adapté à la demande.[/quote]
Tout d'abord Merci à No d'avoir distingué les deux mouvements, égalitarisme et féminisme.
Pour les Mémoires, je les ai terminées...
J'ai vraiment énormément aimé...
En fait, j'ai beaucoup apprécié ce cheminement qui cherche à se construire soi-même... (et non ce que les autres attendent que nous devenions.)
L'habitude, la tradition, l'éducation, la religion, etc., Tout est passé au crible fin. Tout est analysé, contredit, évalué, discuté... J'aime cette position critique...
Elle aboutit à un certain malaise, une incertitude... une perpétuelle interrogation...
L'homme cherche toujours à "se trouver"... C'est tout à fait cette quête d'elle-même que nous fait partager Simone de Beauvoir.
Le début du livre n'est pâ forcément passionnant même si on remarque quelques phrases intéressantes... néanmoins la suite nous transporte au plus profond de nous... en fait ce livre nous pousse à réfléchir sur tout ce qui nous a été imposé mais aussi sur toutes nos habitudes que nous avons prises sans pour autant y avoir trop pensé... sans en avoir saisi la totale portée. Ce livre nous fait réfléchir sur ces choses qui font notre quotidien... mais dans son cas il n'y a pâ que celà... Je trouve qu'il se dégage de cette personne un certain égoïsme... en ce sens où elle se trouve supérieure à tous les autres... son enfance a joué... elle était, en classe, avec des jeunes filles de bonnes familles qui avaient largement plus les moyens qu'elle... Elle ne pouvait pâ les surpasser sur le plan financier, sur l'apparence... elle a misé sur "l'intérieur"... elle n'aura pâ les même aspirations... comme le montre bien ce passage :
"Étendue dans un pré, je contemplais juste à la hauteur de mon regard, le déferlement des brins d'herbe, tous identiques, chacun noyé dans la jungle minuscule qui lui cachait tous les autres. Cette répétition indéfinie de l'ignorance, de l'indiférence équivalait à la mort. Je levais les yeux vers le chêne : il dominait le paysage et n'avait pas de semblable. Je serrai pareille à lui."
Elle renie toute uniformité, tout ce qui fait que sa vie ressemble à celle des autres... Elle se met à haïr la bourgeoisie qui rend les hommes incapables de penser différament et surtout d'Agir. Elle veut une harmonie entre ce qu'elle pense et ce qu'elle fait. Elle dénonce l'hypocrisie.
Elle serra différente. Elle l'a décidé.
Elle ferra différentes rencontres qui la ferront avancer ou reculer dans sa recherche...
Elle serra néanmoins toujours hésitante quant à la manière de "conduire" sa vie... Elle ne sait pâ trop où elle va... comme chacun d'entre nous à l'adolescence, elle se cherche... Elle essaye différentes "ligne" de conduite... ou plutôt trace des courbes ^^
Elle prend une décision... hésite... reviens... se perd... s'oublie... se reprend en main... Bref.
" "Oh ! Réveils mornes, vie sans désirs et sans amour, tout épuisé et déjà si vite, l'affreux ennui. ça ne peut pâ durer ! Qu'est-ce que je veux ? Qu'est-ce que je peux ? Rien et rien. mon livre ? Vanité. La philo ? J'en suis saturée. L'amour ? Trop fatiguée. Pourtant j'ai vingt ans, je veux vivre !"
ça ne pouvait pas durer : ça ne durait pas. je revenais à mon livre, à la philosophie, à l'amour. Et puis ça recommençait : " Toujours ce conflit qui semble sans issue ! une ardente conscience de mes forces, de ma supériorité sur eux tous, de ce que je pourrais faire ; et le sentiment de la totale inutilité de ces choses ! Non ça ne peut pas durer ainsi."
Et ça durait. Et peut-être après tout que celà durerait toujours. Comme un pendule en folie, j'oscillais frénétiquement de l'apathie à des joies égarées. J'escaladais la nuit les escaliers du Sacré-Coeur, je ragardais scintiller dans les déserts de l'espace Paris, vaine oasis. Je pleurais parce que c'était beau et parce que c'était inutile. Je redescendais les petites rues de la Butte en riant à toutes les lumières. j'échouais dans la sécheresse, je rebondissais dans la paix. Je m'épuisais."
(Un des avantages de cet ouvrage est que, même s'il décrit des faits qui se sont passés longtemps avant leur écriture, on perçoit vraiment ce qu'elle a vécu à ces moments précis grâce à des extraits tirés de ses journaux personnels.)
Bon... Je ne vois pâ trop ce que je peux dire d'autre... je lirai la suite après mes partiels et j'ai commencé "les mots" de Sartre pour essayer de comparer les deux expériences...