par Absalom » 11 mars 2004, 22:35
Open Range
Hier soir, soirée alone pour ma part, je me décide à aller voir le dernier costner. ça faisait un moment que le sieur m'avait laissé de marbre, depuis "danse avec les loups" pour être précis, c'est dire. plusieurs films qui me passent à côté niveau goût et le reste, blockbusters outranciers, flanchent en cours de route. bref, pas le pied pour danser kevin. open range, un western, ça fait un moment que j'en ai pas vu et ça me manquait quelque part, en solitaire ça le fait, mais un film de costner... je me lance, je sors du boulot et je me magne, je rentre dans la salle, ugc danton, petite, bien mais pas top, 3 semaines à l'affiche pour finir déjà ici.. la salle se remplie, surprise. on est au moins 40. le film commence.
la musique en met plein les ouïes dès l'entrée, les paysages de vastes prairies déferlent sous nos yeux, et là, un cow-boy, puis un autre au loin, une caravane, un chien dans l'herbe, des fleurs, la musique qui renchaîne de plus belle, comme pour en mettre plein la vue, tout de suite, tout. on l'a compris, kevin adore les westerns et il veut redonner à ce genre un nouveau souffle. son film est là pour ça et pourquoi pas. si le début tarde un peu à se mettre en place on se laisse guider dès le 1er quart d'heure passé. des cavaleros traversent un espace vert pour faire brouter leur bétail. charley waite (costner), boss spearman (duvall), mose et button forment le quatuor. duvall prend le gros rôle, surprise, costner passera en second, au moins pour les 3/4 du film. un éleveur sédentaire et un shérif de mèche sèment la zizanie et font descendre le large "mose", gentil gars de nos compagnons du sabot et ratent de peu d'envoyer itoo le jeune "button", risque-tout et tête-à-claques. les ennuis vont pouvoir démarrer. vengeance à bord du duo costner/duvall. nos deux pistoleros rangent leurs vaches au garage et partent en guerre contre l'injustice. leur soif de liberté et leur honneur les guideront. les guideront jusqu'à un médecin, ou plutôt sa soeur, dont kevin, grand fou va, tombera amoureux et réciproquement non sans quiproquos. seul truc, kevin c'est pas un mec cool dans le film, c'est un dur, un inspecteur harry qui s'est planté de siècle et qui a oublié son rasoir mais pas son flingue. il cogne et vise dur, sans pitié, quand on lui dit de tuer il le fait et sa technique est imparable, on avance, jusqu'à plus vie. le film s'envole littéralement dans un duel final en pleine ville, grandiose et superbe, véritable gunfight de 25 minutes au moins dans lequel waite se lâche, hard, l'arme ne tremble pas et lui non plus, il descend à bout de bras comme maïté tranche un canard, ça gicle, ça envoye en l'air. l'oeil enivré il tire tout ennemi à portée jusqu'au bout de ses balles. duvall n'est pas en reste, il nettoye au fusil lourd, et ce n'est pas une balle qui l'arrêtera. ouaip, ça barde, et les ténardiers n'avaient qu'à bien se tenir. c'est toute une ville qui va se réveiller et donner l'assaut, on n'avait pas vu ça depuis des siècles ! une fin surprenante et d'une intensité qui fait plaisir, on se surprend à sourire même devant ce tableau, natures morte et mouvante.
costner aime les westerns, il en bouffe des kilos faut croire. danse avec les loups, wyatt earp, open range, il en veut et ne s'arrêtera que satisfait. avec open range il pourra le faire désormais. son film, bien que pas le chef d'oeuvre escompté, met des arguments et du bien-vu de son côté. si le début met du temps à manoeuvrer, on pourra apprécier le regard, presque clinique sur ces 4 hommes subissant un orage, vivant une journée, une nuit, avec leur "routine", moments intimistes presque, calmes. osé de la part de costner peut-être même. les grands espaces sont là et même s'ils ne font pas tout - on attend laura ingals d'un instant à l'autre - ils jettent sur la pellicule une impression de saveur perdue, cette image des vieux howard hawkes, des grandes prairies, une sorte de parfum, non pas de madeleine, mais d'herbe et de poussières, de vaches et de cuir. un souvenir qui se réveille et veut y croire. tous les ingrédients sont là : les solitaires ; la vengeance et le message brut des héros de l'époque, virils et violents jusqu'aux bottes ; la femme seule et belle ; le méchant à la gueule de travers ; le vieux brisquard filant un coup de main, etc. costner maîtrise le sujet et sait se l'accaparer et on s'y plaît. malgré la réalisation académique et sans fioritures de costner. c'est filmé lentement, longues scènes d'exposition, on a le temps de tout voir, il nous montre qu'il sait placer ici et là des éléments à voir, à différents niveaux, etc. c'est beau, pas original mais beau. limite gnan-gnan ok parfois.
au final, je ressors de la salle, pas l'esprit évasif avec une envie folle d'y retourner mais content de l'avoir vu, convenant parfaitement sur grand écran, satisfait de voir que costner a pu se remettre en selle et nous servir, après tant d'années de retour au succès (marqué aux USA) un nouveau film, pas un chef d'oeuvre mais un "bon" film, et ça c'est déjà beaucoup.
quant à moi je vais allé seller mon cheval et gambader dans la prairie qui me sert de jardin... ou l'inverse.
votre serviteur,
abs'
[b]Open Range[/b]
Hier soir, soirée alone pour ma part, je me décide à aller voir le dernier costner. ça faisait un moment que le sieur m'avait laissé de marbre, depuis "danse avec les loups" pour être précis, c'est dire. plusieurs films qui me passent à côté niveau goût et le reste, blockbusters outranciers, flanchent en cours de route. bref, pas le pied pour danser kevin. open range, un western, ça fait un moment que j'en ai pas vu et ça me manquait quelque part, en solitaire ça le fait, mais un film de costner... je me lance, je sors du boulot et je me magne, je rentre dans la salle, ugc danton, petite, bien mais pas top, 3 semaines à l'affiche pour finir déjà ici.. la salle se remplie, surprise. on est au moins 40. le film commence.
la musique en met plein les ouïes dès l'entrée, les paysages de vastes prairies déferlent sous nos yeux, et là, un cow-boy, puis un autre au loin, une caravane, un chien dans l'herbe, des fleurs, la musique qui renchaîne de plus belle, comme pour en mettre plein la vue, tout de suite, tout. on l'a compris, kevin adore les westerns et il veut redonner à ce genre un nouveau souffle. son film est là pour ça et pourquoi pas. si le début tarde un peu à se mettre en place on se laisse guider dès le 1er quart d'heure passé. des cavaleros traversent un espace vert pour faire brouter leur bétail. charley waite (costner), boss spearman (duvall), mose et button forment le quatuor. duvall prend le gros rôle, surprise, costner passera en second, au moins pour les 3/4 du film. un éleveur sédentaire et un shérif de mèche sèment la zizanie et font descendre le large "mose", gentil gars de nos compagnons du sabot et ratent de peu d'envoyer itoo le jeune "button", risque-tout et tête-à-claques. les ennuis vont pouvoir démarrer. vengeance à bord du duo costner/duvall. nos deux pistoleros rangent leurs vaches au garage et partent en guerre contre l'injustice. leur soif de liberté et leur honneur les guideront. les guideront jusqu'à un médecin, ou plutôt sa soeur, dont kevin, grand fou va, tombera amoureux et réciproquement non sans quiproquos. seul truc, kevin c'est pas un mec cool dans le film, c'est un dur, un inspecteur harry qui s'est planté de siècle et qui a oublié son rasoir mais pas son flingue. il cogne et vise dur, sans pitié, quand on lui dit de tuer il le fait et sa technique est imparable, on avance, jusqu'à plus vie. le film s'envole littéralement dans un duel final en pleine ville, grandiose et superbe, véritable gunfight de 25 minutes au moins dans lequel waite se lâche, hard, l'arme ne tremble pas et lui non plus, il descend à bout de bras comme maïté tranche un canard, ça gicle, ça envoye en l'air. l'oeil enivré il tire tout ennemi à portée jusqu'au bout de ses balles. duvall n'est pas en reste, il nettoye au fusil lourd, et ce n'est pas une balle qui l'arrêtera. ouaip, ça barde, et les ténardiers n'avaient qu'à bien se tenir. c'est toute une ville qui va se réveiller et donner l'assaut, on n'avait pas vu ça depuis des siècles ! une fin surprenante et d'une intensité qui fait plaisir, on se surprend à sourire même devant ce tableau, natures morte et mouvante.
costner aime les westerns, il en bouffe des kilos faut croire. danse avec les loups, wyatt earp, open range, il en veut et ne s'arrêtera que satisfait. avec open range il pourra le faire désormais. son film, bien que pas le chef d'oeuvre escompté, met des arguments et du bien-vu de son côté. si le début met du temps à manoeuvrer, on pourra apprécier le regard, presque clinique sur ces 4 hommes subissant un orage, vivant une journée, une nuit, avec leur "routine", moments intimistes presque, calmes. osé de la part de costner peut-être même. les grands espaces sont là et même s'ils ne font pas tout - on attend laura ingals d'un instant à l'autre - ils jettent sur la pellicule une impression de saveur perdue, cette image des vieux howard hawkes, des grandes prairies, une sorte de parfum, non pas de madeleine, mais d'herbe et de poussières, de vaches et de cuir. un souvenir qui se réveille et veut y croire. tous les ingrédients sont là : les solitaires ; la vengeance et le message brut des héros de l'époque, virils et violents jusqu'aux bottes ; la femme seule et belle ; le méchant à la gueule de travers ; le vieux brisquard filant un coup de main, etc. costner maîtrise le sujet et sait se l'accaparer et on s'y plaît. malgré la réalisation académique et sans fioritures de costner. c'est filmé lentement, longues scènes d'exposition, on a le temps de tout voir, il nous montre qu'il sait placer ici et là des éléments à voir, à différents niveaux, etc. c'est beau, pas original mais beau. limite gnan-gnan ok parfois.
au final, je ressors de la salle, pas l'esprit évasif avec une envie folle d'y retourner mais content de l'avoir vu, convenant parfaitement sur grand écran, satisfait de voir que costner a pu se remettre en selle et nous servir, après tant d'années de retour au succès (marqué aux USA) un nouveau film, pas un chef d'oeuvre mais un "bon" film, et ça c'est déjà beaucoup.
quant à moi je vais allé seller mon cheval et gambader dans la prairie qui me sert de jardin... ou l'inverse.
votre serviteur,
abs'