[rétrospective] Elliott Smith

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Kynerion
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Message par Kynerion » 10 Fév 2005, 15:34

Oui, il y a des prodiges qui meurent trop jeunes, et ils deviennent des génies, puis de véritables mythes. Si je n'ai jamais accroché "le" Jeff Buckley, en revanche je reste scotché sur From a basement on the hill, le sixième et dernier album d'Elliott Smith, qui décida de mettre fin à ses jours juste avant la fin de celui-ci, en octobre 2003. Oui, ce fut long avant qu'enfin cet ultime chef-d'oeuvre musical parviennent à de rares oreilles connaisseuses. Si ce nom ne vous dit rien c'est que vous avez raté sa nomination aux Oscars pour un titre de la BO de Will Hunting (mais laquelle? il a fait 6 chansons sur les 15 :whah:), et sinon il se trouve aussi le magnifique "Because" sur la BO de American Beauty.

D'autre part, Bugman nous a déjà parlé d'Elliott Smith sur Onlike, c'était à partir de et aussi .

15 titres pour 58 minutes, voilà qu'en plus Elliott n'était pas radin en musique, ça devient rare.

Coast to coast : ce titre met immédiatement l'auditeur face au potentiel créatif de l'artiste. Une intro en simple montée, et un son lourd qui débarque accompagné cependant de guitares plus classiques. On fait connaissance (pour ma part) avec la voix d'Elliott Smith, une voix qui n'a rien d'exceptionnelle mais qui est fort agréable. "Coast to coast" est une chanson vraiment rock, très riche, qui donne de bonnes sensations dès sa première écoute. Enfin, un final composé d'une petite mélodie au piano et d'extraits de radio, original et intelligent.

Lets get lost : ou comment enchaîner avec un deuxième titre dans un registre différent. Voici une magnifique ballade avec cette fois-ci le minimum d'instruments (une ou deux guitares et une basse), et la voix d'Elliott qui vous transporte, parfois doublée d'une voix féminine.

Pretty (ugly before) : ah, ça rappelle l'heure de gloire de la chanson pop (c'est-à-dire, de nos jours) où le piano s'allie habilement avec les guitares. Les références musicales fusent dans la tête. Là encore, les voix sont superbement bien posées et emmêlées. Classique mais excellent.

Don't go down : encore une intro montante, à la guitare saturée. Une chanson rock, sombre, au rythme profond et assez lent, plutôt portée par sa basse et sa batterie. Classique, sauf jusqu'à sa dernière minute qui atteint son apogée.

Strung out again : retour à la ballade, une guitare sèche et une guitare électrique, mais ça n'est que l'intro puisqu'à 50" le refrain montre sa puissance. Transparaît alors définitivement la mélancolie et la déprime qui auront raison d'Elliott. Un fatalisme prenant.

A fond farewell : argh, c'en est génial ces enchaînements de chansons rock, folk, pop qui explorent les recoins du genre. Encore une fois c'est un titre rock, mais encore différent, la chanson easy-listening pure, toute simple et pourtant si bien construite, où malheureusement le tragique mot "suicide" peut être entendu. De l'émotion, il en sort de partout dans ses chansons.

Kings crossing : intro en phrasé et petite note de guitare électrique. Puis des voix en choeur, puis celle d'Elliott Smith, puis une chanson qui n'explose vraiment qu'à sa moitié, montrant toute sa variété avec plusieurs temps vraiment différents.

Ostriches and chirping : interlude de 34 secondes où l'on entend sifflements d'oiseaux et sorte de marche militaire (autrichienne).

Twilight : une ballade triste (évidemment, dirais-je) agrémentée d'un violon quand Elliott Smith ne chante pas. Simple et beau, avec un final ponctué de bruits de nature.

A passing feeling : chanson qui oscille entre le doux-calme vocal et l'explosion musicale, emblématique de ce que savait faire Elliott Smith. Que rajouter?

Last hour : on pourrait craindre que le chanteur se répète lorsqu'il écrit ses ballades, et pourtant il réussit à se renouveller sans difficulté, même si celle-ci n'est pas la meilleure, elle n'est pas à jeter, loin de là. Pareille du début à la fin.

Shooting star : morceau le plus long de l'album (6 minutes), "Shooting Star" n'a pas autant de charisme que ses prédécesseurs, mais bon on s'en fout un peu puisqu'on a déjà dépassé la dizaine de chansons de l'album, c'est donc de l'extra au regard de ce qui se fait de nos jours. L'occasion une nouvelle fois d'apprécier la débauche de sonorités dans ses titres.

Memory lane : la chanson qui a donné le titre à l'album, petit morceau pop sans doute le plus joyeux de tous, cela s'entend à la voix d'Elliott Smith et au rythme enjoué de sa guitare. Simple et beau (bis).

Little one : chantée par Elliott et une voix féminine en fond (j'ignore si c'est toujours la même). C'est encore une ballade on va dire.

A distorted reality is now a now a necessity to be free : pour finir en beauté, encore une chanson qui met toute la maîtrise musicale d'Elliott Smith à l'honneur, aussi bien d'ailleurs au niveau de ses instruments que de sa voix, avec une grande amplitude. Une véritable chanson de fin (avec piano), fin d'un album, début d'un mythe.

Bon sang procurez-vous le plus vite possible From a basement on the hill, cela devrait être moins difficile que l'année dernière où la maison de disque s'est faite prier pour le sortir (le 18 octobre 2004). Pour ma part je vais essayer de remonter le temps et les albums pour venir rendre compte des ses morceaux précédents qui, aux dires des connaisseurs, sont tout aussi bons...

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Message par bugman » 10 Fév 2005, 16:34

Voilà qui fait plaisir ! ^^

D'habitude lorsque je dis qu' "Elliott Smith, c'est génial", on me regarde avec de grands yeux ronds...

Tous ses albums sont bons. Sauf qu'ils sont de mieux en mieux produits. Et que lui composait de mieux en mieux. Plus on déprime, plus on ouvre son coeur.... :(
Un vrai artiste qui deviendra mythe.
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Message par radiopyramidheadsong » 24 Fév 2005, 14:28

Un très très grand artiste que je n'ai découvert que récemment avec l'album From a basement on the hill, disque envoutant et émouvant qui brille déja aux cotés des plus grands. Un vrai chef d'oeuvre immanquable.
Top à la vachette

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Message par Kynerion » 21 Avr 2005, 10:27

Non, je ne suis pas du genre à laisser tomber une rétrospective quand elle est commencée. Nous allons donc continuer à remonter le temps dans la discographie d'Elliott Smith, avec cette fois Figure 8, album sorti en 2000.

Son of Sam : le premier titre est également un single puisqu'il a fait l'objet d'un clip (où Elliott est à la poursuite d'un ballon, un truc dans le genre). Bref on est loin de l'ambiance du dernier album car la chanson est légère, pas mélancolique. Une petite ballade sympathique.

Somebody That I Use To Know : là encore, une simple chanson (voix et guitares seulement), courte (2'09") et légère. Une sorte d'histoire chantée, très efficace.

Junk Bond Trader : ce morceau rappelle beaucoup plus From A Basement On The Hill (bien que ça soit l'album d'après, mais bon, hein, soyons visionnaire). Un titre rock plus lourd que les précédents et plus chargé en instruments; plus varié également (et évidemment avec tout ça, il est long : 3'49", c'est relatif quand même).

Everything Reminds Me Of Her : ah... que c'est mignon comme titre! :wub: Nouvelle ballade voix + guitares, un peu triste, bref c'est très beau.

Everything Means Nothing To Me : je trouve l'enchaînement des titres excellent; et plus encore celui des chansons, car voici la suite logique de Everything Reminds Me Of Her, version piano, version plus envolée (elle décolle après 1'25") avant de se reposer calmement. Imparable.

L.A. : Morceau de nouveau rock, mais malheureusement peu exploité, et pas très varié. Le moins bon de l'album.

In The Lost And Found (Honky Tonk Beach) : mélodie au piano (avec la voix d'Elliott), puis les instruments se posent peu à peu. Malgré quelques changements de rythme et de musique, le morceau reste assez linéaire, sans pour autant être mauvais. Surprise : à 3'37" le morceau s'arrête et une simple mélodie instrumentale prend le relais jusqu'à la fin (4'32").

Stupidity Tries : sans prétention, ce titre rock ne cesse de s'étoffer pour finir en une superbe envolée et un fondu. Maîtrise totale des instruments. On ne peut que saluer les arrangements, qui étaient d'ailleurs réputés concernant Elliott Smith.

Easy Way Out : encore une alternance avec une ballade, des choeurs en fond sonore derrière la voix d'Elliott, pour un titre court de nouveau.

Wouldn't Mama Be Proud : plutôt pop classique cette fois, avec une place plus importante pour la batterie. Très bon morceau, qui passerait sur les ondes sans aucun problème.

Color Bars : on attaque la fin de l'album, qui est réputée pour être la meilleure partie! Cette courte chanson (2'19") mélange piano-guitare-voix (et ce petit instrument avec du sable dedans dont j'ai oublié le nom, pour donner un rythme :blush:). Très sympa.

Happiness : il s'agit du morceau le plus long de l'album (5'04") et c'est une masterpiece du disque. Plus sombre, plus grave, chargée d'instruments et d'arrangements. A 4'15", Elliott nous refait le coup de la chanson finie mais prolongée par une mélodie instrumentale. Mélancolique.

Pretty Mary K : un morceau peu original, ce qui nuit à sa qualité, pas terrible au final. Il passe bien mais on peut facilement le zapper.

I Better Be Quiet Now : nouvelle ballade guitare-voix. Avec un passage instrumental (puisque : le titre du morceau) avant de reprendre et finir.

Can't Make A Sound : intro en guitare acoustique, puis arrivée de l'électrique, puis un violon etc. Morceau très riche donc (comparativement aux ballades évidemment). Morceau plus énervé également, ce qui défoule après la dizaine de titres plutôt calmes. Excellente surprise, puisque ce titre ne ressemble pas du tout à son intro. C'en est presque dommage que la fin retombe, mais le titre reste l'un des meilleurs de l'album.

Bye : et bien oui, les meilleures choses ont une fin; et elle n'ont pas de voix, puisque pendant ces 2 dernières minutes il n'y a qu'une mélodie sourde au piano, comme provenant d'une arrière-salle d'une église. Mystérieux et assez envoutant. Le "Bye" de Figure 8 est mémorable.

Dur dur de décoller après une nouvelle heure passée en compagnie d'Elliott Smith. Oui oui, une heure, car même si la majeure partie des morceaux est assez courte, ces 16 titres tiennent 52 bonnes minutes. Pour un album, Figure 8, qui est de nouveau à applaudir par sa qualité.

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